Pour une nouvelle ère des musiques traditionnelles en France
Par Le Nouveau Pavillon, lundi 29 octobre 2007 à 21:39
A l'occasion des Assises Nationales des Musiques et Danses Traditionnelles, qui se tiendront à Bouguenais et Orvault les 16-17-18 novembre prochain, La Lettre du Spectacles publie un texte d'opinion de Sylvain Girault, Directeur artistique du Nouveau Pavillon, sur l'avenir des musiques traditionnelles en France. Retrouvez l'intégralité de ce texte sur ce blog !

Pour une nouvelle ère des musiques traditionnelles en France
Il est un courant musical fort, novateur et original qui peine à se faire reconnaître en France, coincé entre l'appellation « musiques du monde » et les représentations liées au mouvement folk des années 70. Ce courant est composé d'artistes français qui ont deux caractéristiques en commun. Ils ont tous connu une phase d'imprégnation par l'oralité, en lien avec les pratiques de collectage de sons, de musiques, de danses… Leurs musiques ont un ancrage dans un territoire ou une communauté de France, une transmission orale en héritage, une dimension collective, sociale, patrimoniale forte. Ces artistes ont ensuite fait le choix d'utiliser leurs langages musicaux pour se frotter à la scène, croiser, s'ouvrir, rencontrer, créer une oeuvre à la fois ancrée localement et universelle.
Ce courant musical a une place très limitée dans les grands médias nationaux, les réseaux de diffusion, l'économie du soutien à la création, l'édition, les financements publics institutionnels, hormis les efforts de quelques-uns et un commencement de reconnaissance par les pouvoirs publics. Le développement de la diffusion des musiques traditionnelles du monde sous diverses étiquettes a très peu profité à ce courant. Une trop grande partie des élites culturelles françaises continue d'ignorer les artistes professionnels issus des musiques traditionnelles de France. L’interprète qui chante sur des gammes non tempérées en Inde ou sur des rythmes impairs au Moyen-Orient est semble-il toujours plus attirant que celui qui le fait à notre porte... Pourtant, lorsque l'on s'intéresse aux artistes de création issus des musiques traditionnelles, on devrait s'intéresser à tous les artistes, d'où qu'ils viennent. Lorsque l'on défend cette idée que ces artistes-là ont des choses pertinentes et originales à nous dire, peu devrait importer finalement l'origine de l'artiste. Sinon quel est le crédit artistique de ce que l'on diffuse ?
Les Assises nationales des musiques traditionnelles qui se dérouleront près de Nantes les 16, 17 et 18 novembre prochain, seront l'occasion d'évoquer ces questions. Comment faire enfin émerger ce courant musical « d'ancré-ateurs » français ? Je plaiderai pour une approche essentiellement artistique, face à une conception « identitariste » ou « exotisante ». Il ne s'agit nullement de nier la dimension identitaire et territoriale de ces musiques et de ces musiciens. Il s'agit simplement de mettre au premier plan l'artiste, son parcours, sa démarche, son processus de création, la richesse et l'originalité de son propos. Le musicien traditionnel de création, de France ou d'ailleurs, n'est pas un territoire, une région, un drapeau, un animateur ou un symbole. C'est un artiste. Point.
Sylvain Girault, Directeur artistique du Nouveau Pavillon - Scène de musiques traditionnelles
Retrouvez le programme des Assises Nationales sur le site de la FAMDT !
Et aussi : le site de la Lettre du spectacle
Commentaires
1. Le lundi 12 novembre 2007 à 17:33, par Jo
2. Le mercredi 5 décembre 2007 à 22:16, par Sylvain
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